Hanoukah[1] est devenue ces dernières années une fête juive ultra connue des non juifs. Dans toutes les grandes villes du monde, de Paris à New York, de Berlin à Shanghai, de Dubaï à Buenos Aires, de Londres à Tokyo, les lumières de Hanoukah sont allumées publiquement devant des foules. Allumer quelques lumières, éclairer l’obscurité de l’hiver, cela parle à tout le monde. Le monde entier est touché par cette fête simple et lumineuse… Elle paraît si anodine, si inoffensive, si loin d’une quelconque manifestation politique…
Eh bien, sans le savoir, les Nations en fêtant Hanoukah avec les juifs, acceptent cette idée universelle du Temple d’Hachem, dans lequel brillait la Ménorah[2]. Les peuples attendent dans leur subconscient cette inauguration[3]. Les peuples sont, au fond d’eux-mêmes, prêts pour ouvrir les yeux à cette lumière extraordinaire qui illuminera pour de vrai un jour le monde entier.
Alors, où est le problème ? Pourquoi dans la vraie vie, la quasi-totalité du monde se positionne contre la présence juive sur le Mont du Temple ? Pourquoi dès qu’un Juif s’y promène en agitant les lèvres pour dire quelques versets de psaumes ou quelques mots de prière, la police israélienne le renvoie manu-militari ? Pourquoi dès qu’un homme politique israélien s’y rend, on le qualifie d’extrémiste de droite ? Pourquoi ce décalage incommensurable entre l’acceptation mondiale de la fête de Hanoukah et le début d’une action qui permettrait de faire un pas vers la reconstruction du Temple ?
Où est le problème ? Est-il chez les Nations ? Est-il chez nos ennemis les plus farouches qui refusent la présence d’Israël sur sa terre ?
Je crois fondamentalement que le problème se trouve chez nous, les juifs. Nous acceptons la Torah et ses Mitsvot[4] en tant que culte. Tous les Juifs acceptent la fête de Hanoukah. Elle est fêtée par tout Israël, les religieux et les non religieux. Chaque soir de Hanoukah, des lumières sont allumées dans des synagogues mais également dans des lieux publics comme des hôpitaux, des complexes sportifs, des piscines…
Le problème se trouve chez nous, les juifs. Et cela, aussi bien chez les religieux que chez les non religieux. L’Humain n’aime finalement pas être bousculé. Tant que le religieux peut aller prier dans sa synagogue trois fois par jour, manger cacher, et avoir une vie personnelle juive, il est satisfait. Tant que le non religieux peut circuler en transport public le chabbat, manger des crustacés, et voyager à l’étranger pendant les fêtes juives, il est satisfait. Tout le monde se complait finalement de la même manière dans une vie où la Torah se résume à un culte, c’est-à-dire des prières et des fêtes qu’elles soient vécues comme un folklore pour les uns ou comme un commandement pour les autres.
L’humain a tellement peur de la vraie aventure, l’aventure de vivre pour de vrai cette fête de Hanoukah. Hanoukah, c’est une Nation qui s’est révoltée contre l’oppresseur Grec dominateur, qui voulait détruire la culture et l’essence même d’Israël. Les Grecs ne voulaient pas détruire le corps d’Israël, mais bien son âme. Pour préserver l’âme d’Israël, les Maccabim[5] n’ont pas eu d’autres choix que de prendre les armes et de se battre. Pour défendre l’Essence et l’âme d’Israël, il faut avoir le courage de se battre et de prendre des risques, même si on se sent tout petit, un contre mille, comme à l’époque de Hanoukah.
Soyons fiers de notre culture, de notre héritage millénaire. Comme les enfants d’Israël de l’époque de Hanoukah, arrêtons de vouloir ressembler à l’Occident, soyons nous-mêmes… Au lieu de fêter Hanoukah, vivons enfin Hanoukah… Agissons pour reconstruire le Temple et pour rallumer la Menorah[6] pour de vrai.
La fête de Hanoukah, composée de huit jours avec huit bougies, est sous le signe du Huit. Le Huit est ce chiffre qui représente les forces au-delà de la nature, les forces dont nous avons tant besoin pour défier l’impossible, défier les armées occidentales, armées idéologiques et leurs forces physiques. Ce n’est que grâce à notre implication courageuse dans ce monde, que nous arriverons au niveau de la fête Hanoukah, à déclencher des forces surnaturelles permettant de chambouler toutes les idées préconçues du monde, et à faire accepter à tous les habitants de la terre l’allumage de la Menorah dans le Beit Hamikdach[7] reconstruit.
Les Nations sont préparées à cela. Les Nations n’attendent peut-être au fond d’elles-mêmes que cela. Elles aiment déjà le Hanoukah des bougies. Elles aimeront encore plus le Hanoukah du troisième Temple. Cette nouvelle lumière éclairera et réchauffera pour de vrai les cœurs du monde entier, de Paris à New York, de Berlin à Shanghai, de Dubaï à Buenos Aires, de Londres à Tokyo…

[1] Hanoukah est la fête qui commémore la ré-inauguration du Temple de Jérusalem grâce à l’allumage miraculeux du candélabre, la Ménorah, grâce à une petite fiole d’huile, qui a permis d’éclairer pendant huit jours.
[2] Candélabre à sept branches
[3] Inauguration : traduction littérale de Hanoukah
[4] Mitsvot : Commandements
[5] Les Maccabées sont cette famille de Cohen qui a mené la résistance contre la politique d’hellénisation pratiquée par les Grecs au 2ème siècle avant l’ère vulgaire, au temps du Deuxième Temple de Jérusalem.
[6] Candélabre à 7 branches.
[7] Temple de Jérusalem sur le mont du Temple.