La Parachah du don de la Torah. Après quinze articles publiés sur mon blog, je me décide enfin à écrire sur moi, sur mon parcours, sur la raison de ce blog, et sur la raison de son nom Ekev.
C’était en 2015, en plein été, à l’occasion de la Parachah de Ekev, et cela s’est un peu plus confirmé la semaine suivante, à l’occasion de la Parachah de Réeh. J’avais entamé un cycle d’étude de Torah quelques mois plus tôt. Je ne savais pas que cela allait remplir autant ma vie…
A cette époque là, j’ai commencé à étudier la Torah à une nouvelle cadence, à un autre niveau. Je me suis mis à visionner des dizaines de cours de Torah par semaine grâce à internet, et j’ai commencé à rattraper le temps perdu. Je ne me contentais pas de visionner des cours. Je prenais des notes, je revenais sur elles, je faisais des recherches complémentaires… Et puis à l’occasion de la Parachah de Ekev, j’ai commencé à partager avec mon entourage ce que j’apprenais. J’ai tout de suite ressenti le besoin de transmettre ce que je recevais. J’ai alors pris l’habitude de préparer un Dvar Torah par semaine sur la Parachah ou sur les fêtes.
Je me souviens que je me retrouvais à la Synagogue alors que j’habitais encore en France et que j’écoutais le Dvar Torah du Rav le chabbat. Cela ne me parlait pas. Cela me semblait superficiel. J’avais le sentiment d’avoir tant de choses à dire à la place ! C’est très dur d’être Rabbin de Communauté depuis que les meilleurs Rabbins conférenciers donnent des cours sur Internet.
Je me souviens de ce premier cours que j’essayais de transmettre sur la Parachah de Ekev. J’avais trouvé que ce mot était complètement magique, qu’il renfermait en lui tellement d’idées. Mais comment se fait-il qu’un mot que l’on traduit par « Si » (Si vous observez les lois…) veut dire en même temps Talon, cette partie du pied qui se situe dans la lignée du corps et qui touche le sol ? Comment se fait-il que le mot Talon est en même temps la racine du nom de notre troisième Père, Yaakov, et en même temps la racine du nom du Maître par excellence de la Torah orale, Rabbi Akiva ? Comment se fait-il que le mot Talon est déjà utilisé dans la Parachah de Berechit lorsqu’il est dit que le serpent attaquera au Talon[1] ? Comment se fait-il que nos maîtres expliquent que la dernière époque avant l’arrivée du Machiah s’appelle « Ikvata Demechiha »[2], « les Talons du Messie » ? Comment derrière un simple mot, se cache une infinité de messages ?
Aujourd’hui, à l’occasion de la Parachah des 10 Commandements, je me décide enfin à traiter ce sujet dans mon Blog. Car les 10 Commandements sont composés de 172 mots, correspondant à la valeur numérique du mot EKEV, comme le mentionne le commentaire du Baal Hatourim[3].
En nommant mon blog Ekev.net, je fais quelque part allusion aux 10 Commandements et à la lumière infinie de la Torah. Mais je fais allusion en même temps à une Torah concrète, une Torah qui a bien les pieds sur Terre, une Torah qui se met au niveau du Talon, la partie la plus basse de notre corps. C’est un peu le défi de ma prise de parole sur ce blog : essayer de parler des secrets de la Torah quand ils s’habillent dans les choses concrètes de la vie, quand ils s’habillent dans l’Histoire, dans l’Economie, dans des faits de Société, dans la réalité concrète de ce monde.
Le serpent attaque l’Homme au Talon[4]. Que cela veut-il dire ? Le serpent attaque la Torah (symbolisée par les 172 mots des 10 Commandements) surtout quand elle intervient dans les choses bien réelles et bien concrètes de la vie. Le serpent s’attaque à la Torah qui nous permet de comprendre l’Histoire et le monde dans lequel on vit. Le serpent s’attaque à la Torah lorsqu’elle s’occupe de la Terre et quand elle souhaite changer le monde. Le serpent ne s’attaque pas à la Torah quand elle reste une spiritualité déconnectée de la Terre. La Torah qui reste en haut ne peut pas s’attaquer au serpent qui lui, est tout en bas. Or, nous, les Hommes, devons l’attaquer à sa tête, comme il est dit juste après l’épisode de la faute d’Adam[5], car la tête du serpent, elle, se trouve tout en bas…
Quand on étudie en profondeur les 172 mots « bien visibles et bien concrets » des 10 Commandements, quand on descend au niveau du Ekev, du Talon, on dévoile en fait les 620 lettres qui composent les 10 Commandements, qui correspondent à la valeur numérique de Keter, la Couronne, l’attribut Divin le plus élevé. Quand on descend au niveau du Talon, comme l’a fait Yaacov (racine du nom : Ekev), quand on s’appelle Rabbi Akiva[6] (racine du nom : Ekev) et qu’on vient d’un niveau tellement insensible à la Torah (comme un Talon(, et qu’on arrive à en sortir, on parvient alors à dégager des énergies permettant d’atteindre le Keter (620 lettres). Les lettres correspondent en hébreu à l’âme des mots. Les mots correspondent en hébreu au corps des lettres. C’est en fait uniquement en descendant au niveau du Talon, qu’on parvient à la véritable Spiritualité.
Le Ari Hakadosh fait dans Shaar Haguilgoulim un révélation extraordinaire[7]. Après la faute d’Adam, les âmes les plus élevées, les âmes véritablement capables d’amener le monde vers sa délivrance, ont été faites prisonnières par le serpent. La prison de ses âmes, la Klipa dans le langage des Kabbalistes, s’appelle Ekev, le Talon. Yaacov sort de cette prison. Rabbi Akiva sort de cette prison et avec lui toute la force dégagée par la transmission de la Torah orale… Le Machiah sortira de cette prison… Et c’est pour cela que la période précédant l’arrivée du Machiah s’appelle « Les Talons du Messie », « Ikvata deMechiha ».
Mes amis, c’est le dernier article de ce blog qui s’envolera un peu trop dans les valeurs numériques et les notions de Kabala ;-). Mais je me devais de dire quelques mots sur moi-même, pour que le lecteur qui arrive sur ce site comprenne qu’il y a bien un auteur. Je me devais de dire quelques mots sur le pourquoi de ce blog afin que l’on comprenne tout simplement où on atterrit ici. Dès le prochain article, on retombera sur nos deux pieds, et on reprendra nos bonnes habitudes. 🙂
Merci au Maître du Monde de m’aider dans ma très modeste tâche, d’écrire des articles mêlant des réflexions sur notre monde et des enseignements profonds de la Torah. Merci au Maître du monde de m’aider à passer du talon aux yeux qui observent notre époque et notre temps. Ekev – Regards.
A très vite pour de nouveaux articles.
YYN– depuis Israël.

[1] Berechit, Chapitre 3, verset, 15.
[2] Selon la formule du Talmud dans la Michna 15 du chapitre 9 du Traité de Sota.
[3] Le Baal Hatourim, de son nom Rabbi Yaakov Ben Asher, est l’auteur d’un commentaire synthétique et prodigieux sur la Torah. Il est le fils du Rosh et est également l’auteur du livre de loi juive Arbaa Tourim, son œuvre principale. Comme beaucoup de Maîtres, on l’appelle par le nom de son œuvre. Voici ici la référence de son commentaire sur les dix commandements, commentaire sur le verset 13, du chapitre 20 du livre de Chemot. Cela fait également écho à son commentaire dans la Parachah de Ekev, dans le livre de Devarim, Chapitre 7, verset 12.
[4] Comme il est écrit dans Berechit, chapitre 3, verset 15.
[5] Comme il est écrit dans Berechit, chapitre 3, verset 15.
[6] Rabbi Akiva est un des plus grands Maîtres du Talmud. Il est connu pour être un Baal Techouvah descendant de converti. Jusqu’à ses 40 ans, il restait totalement insensible à la Torah. Grâce à celle qui va devenir sa femme, il va devenir le plus grand Maître de sa génération. Il sera notamment le Maître de Rabbi Meir Baal Haness et de Rabbi Chimon Bar Yohai.
[7] La Ari Hakadosh, autrement appelé le Ari Zal ou Rabbi Ytshak Louria, est le plus célèbre des Kabbaliste de Tsfat. Il a notamment écrit Shaar Haguilgoulim, référence ici citée.