La fête de Pessah résonne en nous comme un moment fort de la vie hébraïque. Elle unit le plus grand nombre de juifs dans le monde, qui revivent la naissance de leur peuple. En particulier en Israël, la quasi-totalité des juifs fêtent Pessah. La soirée de Pessah est fêtée par 98%[1] de la population. 61% déclarent réaliser l’ensemble du Seder en lisant toute la Hagadah. 33% lisent la Hagadah partiellement, et 4% ne lisent pas la Hagadah mais célèbrent la fête avec un repas familial.
La fête de Pessah contient en elle des forces extraordinaires qui ont permis d’unir et de réunir Israël depuis toujours, et bien évidemment, qui continueront à unir Israël ce Pessah en 2023. Même après plusieurs semaines de fortes tensions dans la société Israélienne.
Nous avons besoin de nous rassurer, de prendre du recul sur la crise identitaire d’Israël, de faire baisser le stress. Nous avons 3335 ans d’existence… Nous avons l’expérience des défis. Et nous savons que derrière le secret de notre longévité, il y a le fait que notre peuple n’a cessé d’être confronté à des défis.
Dans le débat politique des dernières semaines, les uns et les autres ont contribué à faire monter la pression. Les hommes politiques ont joué à fond leur partition politicienne, jusqu’à faire sauter des digues.
Les partis d’opposition n’ont pas respecté le scrutin des urnes et ont crié à la fin de la démocratie. Une grande partie de la population s’est sentie pleinement concernée par ce combat et est sortie de plus en plus nombreuse dans la rue. Les chancelleries occidentales ont sauté sur cette occasion pour critiquer le gouvernement d’Israël « anti-démocratique ». Les voix officielles de la Diaspora ont enchaîné en critiquant le gouvernement d’Israël, alors que par le passé, elles s’étaient bien gardées de mettre de l’huile sur le feu sur les crises Israéliennes . De nombreuses voix non officielles juives de la diaspora se sont levées pour critiquer le gouvernement… Et finalement, le monde occidental dans son ensemble, a eu de nombreux nouveaux arguments pour être hostile à Israël.
Les partis de droite ont cru avoir obtenu un blanc-seing et le droit de faire tout ce qu’ils voulaient parce qu’ils avaient obtenu la majorité des députés. Après une vingtaine d’années de frustrations de ne pas avoir pu mettre en œuvre les réels changements qu’ils souhaitaient, ils se sentaient enfin entièrement libres de faire ce qu’ils voulaient sans se préoccuper de ce que pensait une très grande partie de la population. Le gouvernement s’est payé le luxe de ne pas expliquer la réforme qu’ils appelaient de leur vœu depuis tant d’années, et ont ainsi laissé le champ totalement libre aux opposants. Certaines déclarations malheureuses de Ministres sont venues attiser les peurs du camp adverse.
Au final, tout le monde s’est laissé entraîner dans une surenchère… Tout le monde est tombé dans le piège. Tout le monde s’est éloigné un peu plus de l’autre moitié du peuple.
J’ai eu mal à mon cœur d’entendre mes frères crier dans les manifestations leur haine sur la moitié de leur pays. Je le prenais pour moi. Comment aurais-je pu faire autrement ? J’ai eu mal à mon cœur d’entendre la voix de mon voisin mener la manifestation dans la rue. Les cris, les discours haineux, je les ai ressentis contre moi.
A entendre ces discours de haine, je suis devenu moi-même encore plus déterminé et plus critique envers les opposants. J’étais de plus en plus convaincu que cette réforme était essentielle si on voulait faire triompher la démocratie, justement parce que certaines minorités ont osé franchir tellement de limites pour arriver à leur fin.
Tout cela s’est appuyé et continuera de s’appuyer sur une mécanique bien claire, la mécanique de la peur.
La peur des uns de voir en Israël l’avènement d’un régime coercitif, dans lequel leurs libertés seraient brisées. La peur des autres de voir l’Identité Juive s’étioler, s’affaiblir et disparaître dans un Etat laïc qui perdrait petit à petit son idéal. Ces peurs ont été très fortement attisées par de nombreux responsables politiques, si bien qu’au lieu d’écouter les arguments de l’autre et d’entamer un dialogue sincère, chaque camp s’est éloigné de plus en plus l’un de l’autre, et est entré dans une surenchère automatique.
Bref, le brasier a bien pris. Le pays était en feu, et il a fallu l’arrivée de Pessah pour apaiser légèrement les tensions.
Il y a 3335 ans, nous sommes sortis d’une oppression physique et idéologique, pour faire naître notre propre Identité d’Israël. Mitsraim, en hébreu, qu’on traduit généralement par Egypte, est un mot qui révèle beaucoup plus qu’un endroit sur une carte de géographie. Mitsraim, peut se lire Mi – Tsarim : le « qui ? » est enfermé dans « des prisons », la question fondamentale « qui suis-je ?» est complètement coincée et opprimée dans un endroit étriqué. « Mon identité véritable est en prison ».
Sortir d’Egypte, sortir de Mitsraim, c’est sortir de sa prison pour révéler son Identité, révéler qui je suis vraiment.
Pessah est cette fête qui fait rentrer l’infini dans le fini. Pessah a lieu dans ce mois de Nissan qui est le mois particulier qui nous a été donné par D. « Hahodesh Haze Lachem »[2], « ce mois est pour vous ». Alors qu’il est pour les Nations du monde le premier mois des influences des astres et du temps, le mois du bélier, ce mois devient pour nous le mois « hors du temps », sous le signe du nom Divin ineffable, le Tétragramme, qui représente les forces au-delà de la finitude de notre monde. A Pessah, les hébreux ont sacrifié le bélier, en osant casser la divinité étrangère. Les hébreux ont mis fin à l’influence du temps et des astres sur leur peuple. Ils sont parvenus à s’extraire de la temporalité et à accéder à une destinée qui ne sera plus limitée dans le temps. A partir de ce moment, Israël en tant que peuple, ne pourra plus mourir et sera hors du temps.
Pour sortir de l’exil, il faut faire une recherche effrénée contre le Hametz. Il faut l’éliminer, le faire disparaître. Il faut faire un ménage colossal dans nos vies et dans nos façons de pensée… C’est à cette condition seulement, qu’on peut vraiment laisser la place à la vraie question.
Mais qui sommes-nous vraiment ? Quel peuple devons-nous fonder et refonder perpétuellement ? Quelle histoire poursuit-on ? Quelle histoire doit-on construire ?
Pessah nous invite à faire de l’ordre. C’est pour cela que la soirée de Pessah s’appelle la soirée du Seder, la soirée de l’Ordre. La soirée où l’on essaie de remettre les choses dans le bon ordre.
Pessah nous invite à parler, à dialoguer, à faire usage de notre bouche pour donner de la vie : Pessah, se décompose en deux mots. Pé – Sah (Pé qui veut dire bouche et et Sah qui a la valeur numérique de Haïm, la vie).
Alors, faisons le vœu que dans chaque maison d’Israël à la table du Seder, des échanges et des discussions fassent foisonner la vie et non le mal (Pharaon, PARO en hébreu, peut se décomposer en deux mots PE – RA et signifier « bouche du mal »).
Faisons le vœu que des leaders spirituels et intellectuels se manifestent et fassent connaître une parole forte.
Faisons le vœu que nos leaders spirituels et intellectuels aient le courage d’entamer un vrai dialogue au sein de la société Israélienne. Pour que les uns expliquent qu’Israël ne sera jamais l’Iran et que les autres expliquent qu’Israël n’a pas seulement vocation à être le 51ème Etat des Etats Unis. Tout un programme…

Enquête assez ancienne. S’il y a eu des évolutions depuis, il n’y a pas eu de changement significatif.
A la Synagogue de Montpellier quand j’ai demandé à la communauté de pouvoir prendre le Séder avec la communauté. Donc mercredi soir, on m a dit trop tard complet malgré que je venais de leur dire que j étais seule à Pessah. L entraîde et solidarité entre frères et sœurs n est qu un leurre, juste bon à nous solliciter lorsqu il s’agit à nous de faire un don. Là l entraîde, l Union est vendu comme l une des valeurs morale du bon Juif respectant les mitvot. Toda à tout le monde, désormais je ferais comme à Pessah, je resterai seule avec Hashem.Hatikvah
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