Il y a deux ans, Simhat Torah était ce terrible jour d’un massacre qui dépasse l’entendement humain, le jour où il y a eu tant de morts, tant de blessés, tant de témoins d’horreurs, tant d’otages de tous âges qui ont été faits. Ce Simhat Torah a été le point de départ d’un gros bouleversement en Israël et dans le monde, le point de départ d’une éruption de haine et de violence contre Israël.

Aujourd’hui, à cette même période, à ce jour anniversaire, le peuple d’Israël espère enfin la fin des atrocités, la fin de cette apnée interminable. Le peuple d’Israël espère enfin retrouver cette joie qui a été mise entre parenthèses pendant deux ans. Non qu’il n’y ait eu des joies, des mariages, des naissances… Le peuple d’Israël a continué à vivre, a montré et démontré une vitalité extraordinaire. Mais le peuple d’Israël ne pouvait s’empêcher de ressentir des limites et des freins à ces joies, dans des moments où certains de ses membres étaient pris entre les dents de son ennemi, dans des moments où ses enfants, ses frères, ses parents, et sa propre chair étaient sur le front pour combattre son ennemi.

Simhat Torah représente ce seul jour de l’année où la joie peut être totale. Un jour où la jouissance rime avec la sainteté ! Il n’y a pas de Mitsvah particulière à Simhat Torah. Nous dansons simplement de plein gré avec la Torah.

Il y a deux ans, le jour même du sommet de la joie, nous avons ressenti que cette joie totale ne nous était pas autorisée et que nous n’étions pas prêts à ces sommets. Sans doute pour provoquer des bouleversements de l’intérieur et de l’extérieur, pour nous préparer à quelque chose de plus grand. Après la nuit, le matin. Après l’obscurité, la lumière. Après l’Inquisition, la fondation de la ville de Safed. Après 1945, 1948...

Le jour de Simhat Torah est précurseur de la fin des temps, ce jour qui verra la Bénédiction irriguer sans limite le monde. C’est d’ailleurs, le jour de Simhat Torah que nous lisons la dernière Parachah de la Torah qui s’intitule « Et voici la Bénédiction » « Vezot Habercha ».

Cette année, je serai particulièrement heureux, avec l’aide de D., de vivre la fin de l’apnée de deux ans de captivité de nos otages, et de vivre en même temps la montée à la Torah de mon cher fils en tant que Hatan Meonah (le marié de Meonah) qui est devenu Bar Mitsvah l’année qui vient de s’écouler. Méonah est ce passage célèbre de la Parachah Vezot Haberachah qui conclut toutes les bénédictions, et qui déclare.

מְעֹנָה אֱלֹהֵי קֶדֶם וּמִתַּחַת זְרֹעֹת עוֹלָם וַיְגָרֶשׁ מִפָּנֶיךָ אוֹיֵב וַיֹּאמֶר הַשְׁמֵד.

Voici ici une traduction que je me permets d’apporter et qui tente de se rapprocher du sens au travers de la signification profonde des mots – sinon quoi le verset serait bien difficile à comprendre.

« D. réside bien ici sur terre, le D d’il y a si longtemps, le D qui peut paraître bien loin de toi. Et en bas sur Terre, Il y dévoile Ses bras et Ses actions, comme toujours, et comme en fait cela n’a jamais cessé. C’est comme cela que cela se passe réellement : D. chasse de devant toi l’ennemi et Il te dit : « anéantis ! ».

Je laisserai le lecteur libre d’interprétation de la fin de ce verset. Ces paroles viennent de la Torah, et a minima, nous invitent à la réflexion. Elles nous suggèrent, tout au moins, que la bénédiction consiste à bien être conscient de la présence divine avec nous, de notre bon droit, et d’être alors impitoyable envers notre ennemi.

Beaucoup de bénédictions pour ce sommet de fêtes et ce sommet de joie !