Cette semaine, en Israël, la nouvelle du revirement de Trump a suscité un profond découragement. Toute cette guerre, tous ces sacrifices, pour en arriver là ? Si près du but, nous n’arrivons pas à aller au bout du geste qui permettrait de libérer Israël des menaces du régime islamique d’Iran et de ses proxys… Tout ça pour ça. Comment aura-t-on la force de continuer sans notre grand allié tout-puissant les États‑Unis ?
Au 8 octobre 2023, nous étions abattus, abasourdis. Nous commencions à peine à prendre la mesure du choc. Nous avions peur. Nous pleurions nos morts. Nous étions horrifiés du fait qu’il y ait tant d’otages. C’était terrible, mais nous sentions aussi que cela pouvait être le début d’un renversement de situation.
Au 15 juin 2026, cette dernière semaine, beaucoup d’Israéliens et peut-être de nombreux juifs dans le monde, ont pu ressentir un abattement quelque part plus fort que le 8 octobre 2023. Est‑ce ainsi que se clôt la phase commencée le 7 octobre 2023 ? Tout cela pour rien ? Pour en arriver à une République islamique d’Iran réhabilitée ? Est-ce une nouvelle ère qui démarre où Israël aurait perdu son grand allié les États‑Unis ?
L’opposition à Benyamin Netanyahou, en cette période pré-électorale, n’a pas manqué d’enfoncer le clou et a fortement contribué à dresser un tableau très noir de la situation.
Dans ce contexte de trouble, je suis tombé ce chabat sur un article du Rav Shmuel Eliahou au sein d’une revue qui est distribuée dans le synagogues en Israël. Le Rav Shmuel Eliahou, Grand Rabbin de Tsfat, est le fils de l’ancien Rishon Lezion, le Rav Mordechai Eliahou zatsal. Le Rav Shmuel Eliahou incarne le courant d’Israël qui ne refuse pas de voir la main d’Hachem dans les processus de l’Histoire.
Le Rav apporte une réponse simple et forte face aux fausses peurs de notre peuple et vient nous renforce par sa vision éclairée.
Voici le lien pour lire l’article original en hébreu :
Article original du Rav Shmuel Eliahou en hébreu
Et voici ci-dessous la traduction aidée par Chat GPT-5 Mini et corrigée par mes soins.
Les revirements de Trump
par le Rav Shmuel Elihaou
Les relations de Donald Trump avec Israël et avec le Premier ministre Netanyahu laissent beaucoup de gens perplexes : un jour Trump enlace, le lendemain Trump tourne le dos. Un regard profond sur l’histoire juive révèle qu’il ne s’agit pas d’un caprice politique, mais d’un schéma historique ancien et étonnamment précis.
Les sages d’Israël font remarquer qu’une longue série de dirigeants de grandes puissances ont fait des promesses puis sont revenus sur leur parole vis‑à‑vis du peuple d’Israël. Pharaon en Égypte : au début il a accordé un grand honneur aux Enfants d’Israël, mais ensuite il s’est rétracté et a commencé à les persécuter. Cyrus, roi de Perse : il a décrété « Allez, et rebâtissez le Temple », mais après un certain temps il est revenu sur sa décision et a mis la construction en pause. Arthur Balfour : Lord Balfour personnellement ne ne s’est pas rétracté, mais l’Empire britannique s’est désisté de sa promesse à plusieurs reprises à travers les livres blancs. Harry Truman, le président des États‑Unis a d’abord soutenu la création de l’État, mais peu de temps après, la Maison‑Blanche a retiré son soutien et a tenté de freiner le processus.
Dans tous les cas se répète le même schéma : soutien initial, puis retrait. Donald Trump ne fait que poursuivre cette tradition. Pourquoi cela arrive‑t‑il ?
Le rabbin Yaakov Moshe Charlap zatsal souligne que ce processus n’est pas accidentel, mais inhérent à l’essence des choses. Il y a ici un mouvement profond qui se répète. Un mouvement qui se situe au‑delà de la basse politique. Le Saint, béni soit‑Il, Roi du monde, utilise ces dirigeants comme des outils pour pousser le peuple d’Israël à atteindre son indépendance.
Si les Enfants d’Israël étaient sortis d’Égypte sans que Pharaon se rétracte, la délivrance aurait été un processus égyptien dont nous n’aurions pas été pleinement acteurs. C’est pourquoi Pharaon se rétracte après que nous avons reçu le courage et la liberté. Suite à son retrait, nous prenons la liberté en nos propres mains.
Il en a été de même avec Cyrus. Il a commencé l’initiative de reconstruction du Temple et nous avons agi seulement par sa force. Après qu’il s’est retiré, nous avons rassemblé nos forces et bâti le Second Temple. Ce n’est personne d’autre qui l’a bâti pour nous. Ainsi aussi l’État d’Israël a vu le jour. Ils ont commencé puis se sont rétractés, nous avons pris courage et avons continué seuls, sans eux.
Le but du retrait des nations du monde au moment décisif est de contraindre le peuple juif à prendre les rênes, à lutter pour son indépendance, et à prendre lui‑même les décisions. C’est cela la véritable délivrance. Le commencement qui vient grâce aux nations est important parce qu’il les implique dans le processus et parce qu’ils nous donnent également le courage initial nécessaire. Mais la finalisation doit être faite par nous.
La conclusion est que cette compréhension correspond à un changement d’angle de de vue du consommateur des informations. Quand on regarder les choses de cette façon, on comprend qu’il y a Quelqu’un qui dirige le monde derrière le rideau, qu’il y a un Roi du monde. Quand on saisit ce principe, on n’a plus de craintes et on n’a plus peur. On surmonte les peurs qui ont conduit à la faute des explorateurs.
Il ne faut pas avoir peur des secousses provoquées par Trump. Il faut se souvenir que toute l’histoire nous enseigne que « Il a dit et ce fut ; l’Éternel a frustré les desseins des nations ». Ce ne sont pas que des mots ; c’est une description précise de la réalité de notre vie, ici, aujourd’hui, dans l’État d’Israël.
Vu sous cet angle, on comprend que le retrait de Trump de ses accords avec Israël est un appel au réveil pour nous inciter à prendre la responsabilité de notre propre délivrance et de la délivrance du monde.
