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Simhat Torah : le sommet des fêtes ! Du sommet du malheur du 7 octobre au sommet de la joie de la Torah !

Il y a deux ans, Simhat Torah était ce terrible jour d’un massacre qui dépasse l’entendement humain, le jour où il y a eu tant de morts, tant de blessés, tant de témoins d’horreurs, tant d’otages de tous âges qui ont été faits. Ce Simhat Torah a été le point de départ d’un gros bouleversement en Israël et dans le monde, le point de départ d’une éruption de haine et de violence contre Israël.
Aujourd’hui, à cette même période, à ce jour anniversaire, le peuple d’Israël espère enfin la fin des atrocités, la fin de cette apnée interminable. Le peuple d’Israël espère enfin retrouver cette joie qui a été mise entre parenthèses pendant deux ans. Non qu’il n’y ait eu des joies, des mariages, des naissances… Le peuple d’Israël a continué à vivre, a montré et démontré une vitalité extraordinaire. Mais le peuple d’Israël ne pouvait s’empêcher de ressentir des limites et des freins à ces joies, dans des moments où certains de ses membres étaient pris entre les dents de son ennemi, dans des moments où ses enfants, ses frères, ses parents, et sa propre chair étaient sur le front pour combattre son ennemi.
Simhat Torah représente ce seul jour de l’année où la joie peut être totale. Un jour où la jouissance rime avec la sainteté ! Il n’y a pas de Mitsvah particulière à Simhat Torah. Nous dansons simplement de plein gré avec la Torah.
Il y a deux ans, le jour même du sommet de la joie, nous avons ressenti que cette joie totale ne nous était pas autorisée et que nous n’étions pas prêts à ces sommets. Sans doute pour provoquer des bouleversements de l’intérieur et de l’extérieur, pour nous préparer à quelque chose de plus grand. Après la nuit, le matin. Après l’obscurité, la lumière. Après l’Inquisition, la fondation de la ville de Safed. Après 1945, 1948...
Le jour de Simhat Torah est précurseur de la fin des temps, ce jour qui verra la Bénédiction irriguer sans limite le monde. C’est d’ailleurs, le jour de Simhat Torah que nous lisons la dernière Parachah de la Torah qui s’intitule « Et voici la Bénédiction » « Vezot Habercha ».
Cette année, je serai particulièrement heureux, avec l’aide de D., de vivre la fin de l’apnée de deux ans de captivité de nos otages, et de vivre en même temps la montée à la Torah de mon cher fils en tant que Hatan Meonah (le marié de Meonah) qui est devenu Bar Mitsvah l’année qui vient de s’écouler. Méonah est ce passage célèbre de la Parachah Vezot Haberachah qui conclut toutes les bénédictions, et qui déclare.
מְעֹנָה אֱלֹהֵי קֶדֶם וּמִתַּחַת זְרֹעֹת עוֹלָם וַיְגָרֶשׁ מִפָּנֶיךָ אוֹיֵב וַיֹּאמֶר הַשְׁמֵד.
Voici ici une traduction que je me permets d’apporter et qui tente de se rapprocher du sens au travers de la signification profonde des mots – sinon quoi le verset serait bien difficile à comprendre.
« D. réside bien ici sur terre, le D d’il y a si longtemps, le D qui peut paraître bien loin de toi. Et en bas sur Terre, Il y dévoile Ses bras et Ses actions, comme toujours, et comme en fait cela n’a jamais cessé. C’est comme cela que cela se passe réellement : D. chasse de devant toi l’ennemi et Il te dit : « anéantis ! ».
Je laisserai le lecteur libre d’interprétation de la fin de ce verset. Ces paroles viennent de la Torah, et a minima, nous invitent à la réflexion. Elles nous suggèrent, tout au moins, que la bénédiction consiste à bien être conscient de la présence divine avec nous, de notre bon droit, et d’être alors impitoyable envers notre ennemi.
Beaucoup de bénédictions pour ce sommet de fêtes et ce sommet de joie !

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Rentrons dans l’Espace-Temps messianique de la fête de Soukot

Contrairement à toutes les autres fêtes, Soukot ne correspond pas vraiment à un événement historique. La Soukah est en souvenir des nuées protectrices, qui nous ont enveloppées pendant les quarante ans de traversée du désert (pensée que nous devons absolument avoir lorsqu’on rentre dans la Soukah d’après le Choulkhan Aroukh). Mais ces nuées sont apparues le 15 Nissan, le même jour où nous fêtons Pessah. Nous aurions dû fêter Soukot à Pessah s’il fallait à tout prix coller à l’événement historique de l’apparition des nuées.
Nos sages ont longuement débattu de cette question. Mais que se cache-t-il derrière les débats du Talmud ?
Et si nous avions une fête dans notre calendrier qui existait pour fêter l’Espace et non le Temps ? Contrairement à toutes les autres fêtes.
Les Mitsvot de Soukot sont liées à l’Espace. Pour la mitsvah de la Soukah, le lien avec l’Espace est évident. La Soukah est la seule Mitsvah (avec celle de vivre en Israël) que nous faisons en ne faisant rien sauf à être dans un Espace. Quant au bouquet composé des quatre espèces, nous le secouons en nous tournons vers les six points de l’Espace vers le sud, le nord, vers l’est, puis vers le haut et vers le bas, et enfin vers l’ouest.
Le peuple juif a la particularité d’être le peuple « champion du monde » en matière de Temps et d’histoire, mais le peuple « dernier de la classe » en matière d’Espace et de géographie. Essav est destiné aux champs et aux grands espaces quand Yaacov est destiné à rester dans la tente pour accéder à l’intemporel. La civilisation occidentale est celle qui s’est le plus étendue sur la terre, celle qui a plus que toute dominé par sa puissance la géographie, alors que la civilisation de Yaacov est restée sans terre et sans espace la majeure partie de son histoire. « Les civilisations ont conscience de leur mortalité » disait Paul Valéry alors qu’Israël sait qu’elle est la civilisation immortelle, qui domine le Temps.
Il existe une fête dans le calendrier juif, qui n’est essentiellement pas tournée vers le passé, mais qui est essentiellement ouverte vers l’avenir.
L’avenir, c’est Israël qui aura enfin un Espace géographique bien à lui, dans lequel il pourra manifester son autorité et sa puissance, qui ne sera contesté par personne, et qui sera reconnu par toute l’humanité. Lorsque la civilisation maître du Temps arrivera à être également maître de l’Espace, sur son petit espace, ce sera alors l’accomplissement du véritable dessein d’Israël. Ce sera alors le moment où toute l’Humanité pourra sortir de l’asservissement et connaître à son tour sa fête de la liberté. Ce sera le moment du Pessah de l’humanité.
La fête de Soukot a une portée universelle. Elle est tournée vers un événement qui sera sans doute bien réel dans l’avenir. De la même manière que les patriarches fêtaient les fêtes avant l’événement historique de la fête (par exemple, Avraham fêtait Pessah avant la sortie d’Egypte), de la même manière, nous fêtons aujourd’hui Soukot, en sachant qu’à l’avenir se produira l’événement de la libération des 70 nations dans le monde.
La Soukah, c’est cet espace avec un toit végétal qui ne doit surtout pas être définitif et trop solide pour être Cacher, comme pour nous signifier qu’il s’agit d’un espace intermédiaire, comme une « étape » vers autre chose. C’est cet espace intermédiaire qui nous a protégé dans le désert, enveloppé de nuées, en attendant d’arriver dans l’espace du futur, qui est Eretz Israel. En vivant dans la Soukah, nous nous projetons dans un Espace-Temps messianique, vers le futur, vers un avenir où toutes les nations reconnaîtront Israël, vers un monde où pourra enfin advenir la Paix.

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לשוב לשורש הראשי : להישאר מחובר למוסר של ישראל

היום שבת שובה. השבת של »התשובה » עד ה’, אך גם השבת של השיבה ליסודות.
רציתי רק לדבר על משמעותו הפשוטה והעמוקה של המשפט היסודי והבסיסי ביותר לעם היהודי. אסתמך על הפירוש הבסיסי של רש »י. אני רק אוסיף כמה מילים משלי כדי, אני מקווה, להגדיל את ההבנה של משמעות המשפט הזה בימינו, בשנת ה־תשפ »ו.
שמע ישראל, ה’ אלהינו, ה’ אחד
שמע, עם ישראל. כרגע, ה’ הוא האל היחיד שלנו. אומות העולם עדיין לא מכירות את ה’. מנהיגי העולם, נעולים בעיסוקי מוות לאנושות. הם אוהבים לומר שהם פועלים בשם הטוב…אבל יש להיזהר מהטוב המשתנה והמושפע. הנאצים גם אמרו שפועלים למען הטוב. הקומוניסטים, כשהרגו את המתנגדים להם בגולאג, אמרו שהם עושים טוב. והיום, בשם הטוב, ה »מסכילים » בקרב העולם, מעזים לערער על המוסר של ישראל, היחיד, האמיתי, שאינו משתנה, היחיד שנתן לנו אתה, ה’, אלוהינו.
כן, זה כואב. הרבה יהודים סובלים. הם סובלים מהשנאה כלפי יהודים, האנטישמיות. ילדינו בגלות, המושפעים יותר מכולם—בבתי הספר, הם חווים לחצים, הטרדות, חרם, הכל מפני שהם יהודים. הסטודנטים, באוניברסיטאות, אינם יכולים להיות מה שהם באמת, חייבים להסתתר ולהוריד את הראש כדי ללמוד. רבים מרגישים אי-יציבות בלחץ הבינלאומי היומי שמופעל על זהותנו, על תכלית קיומו של עמנו. יהודים רבים נכנעים ללחצים ונכנסים לתוך העצב, לעיתים בדיכאון.
הפסוק של שמע ישראל נאמר על ידי אבותינו בזמנים קשים בהיסטוריה שלנו. אנחנו אומרים אותו עד היום, כמה פעמים ביום, ועוד יותר בתקופת התפילות המיוחדות עד ליום הכיפורים… כי עם ישראל מעולם לא התייאש.
ברור, עד היום, ה’ הוא רק אלוהים שלנו, המסר העמוק שלו עדיין לא הגיע לכל האנושות. אבל איננו שוכחים את סוף הפסוק שהוא התקווה שלנו : ה’ אחד.
אנחנו שומעים את הקול שיוצא מתוך נשמתנו, שבקרוב, ה’ יהיה אחד. ה’ יזכה להכרה על ידי כל שאר אומות העולם.
לעת עתה, אנחנו סובלים, אנחינו בגלות נתונים בלחצים… אבל בקרוב מאוד, ה’ יהיה אחד. כל העולם יכיר שה’ הוא אחד!
המוסר לא יהיה בידי האידיאולוגיות השקריות. המוסר יהיה זה שמגיע ממקור הייחוד. כל העמים יישארו עם זהותם, עם תפקידיהם, אך כולם ינקו את המוסר שלהם ממקור ייחודי אחד בעולם, שיביא לאחדות את כל האנושות ויביא לשלום.

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Revenons à la base des choses : rester connecté au message d’Israël

Nous sommes Chabat Chouva. Le Chabat du retour vers Hachem, mais aussi le Chabat du retour à la base des choses, du retour aux fondamentaux.
Je voulais juste revenir sur la signification simple et tellement profonde de la phrase la plus basique et la plus fondamentale pour un Juif. Je vais simplement m’appuyer sur le commentaire du Maître du Sens Simple de la Torah, Rachi. Je vais à peine me permettre de rajouter quelques paroles à l’explication de notre Maître, quelques paroles qui permettront, je l’espère, de mieux comprendre la signification de cette phrase aujourd’hui, en 5786.
שמע ישראל ה’ אלהינו הי אחד
Chema Israel H’ Eloheinou H’ Ehad
Ecoute peuple d’Israël, pour l’instant D. est notre D., seulement notre D.
Hélas, les nations du monde ne Te reconnaissent pas encore. Les nations du monde, et surtout leurs dirigeants, s’enferment dans des causes mortifères pour l’humanité. Elles adorent dire qu’elles agissent au nom du Bien… Il faut se méfier du Bien qui change et qui varie. Les Nazis disaient également agir pour le Bien. Les Inquisiteurs pensaient faire le Bien. Les Communistes, lorsqu’ils assassinaient leurs opposants dans les Goulag, disaient faire le Bien. Et aujourd’hui, au nom du Bien, les donneurs de leçons du monde, osent remettre en cause la Morale d’Israël, la seule, la vraie, qui ne change pas, la seule la vraie qui nous a été donnée par toi, H’, notre D.
Alors, oui, cela fait mal. Beaucoup de juifs souffrent. Les Juifs souffrent d’antisémitisme. Nos enfants en Diaspora sont ceux qui souffrent le plus, dans les écoles, où ils subissent des pressions, des humiliations, du harcèlement, parce qu’ils sont juifs. Les étudiants, qui dans les universités, ne peuvent plus calmement être ce qu’ils sont, qui sont obligés de se cacher et de baisser la tête pour pouvoir étudier. Beaucoup dépriment. Beaucoup se sentent déstabilisés par cette pression internationale qui devient quotidienne contre notre Identité, contre la raison d’être de notre peuple. Beaucoup de juifs cèdent à cette pression et sombrent dans la tristesse et parfois la dépression…
Le verset du Chema Israel a été dit par nos ancêtres dans les pires moments de notre Histoire. Nous le disons encore aujourd’hui tous les jours, plusieurs fois par jour, et encore plus dans cette période de prières intenses jusqu’à Yom Hakipourim… Car le peuple Juif n’a jamais désespéré.
Certes, jusqu’à aujourd’hui, H’ est seulement Notre D., son message profond n’a pas encore atteint toute l’Humanité, mais nous le répétons, comme le dit la fin du verset, H’ Ehad. H’ est Un.
Nous savons au fond de nous, nous entendons cette voix qui vient du fin fond de notre âme, qu’un jour proche, H’ sera Un. H’ sera reconnu par l’ensemble des nations du monde.
Pour l’instant encore, nous souffrons, nous subissons… Mais très bientôt, H. sera Un. Le monde entier reconnaîtra que H. est Un !
La Morale ne sera plus tributaire d’idéologies mensongères. La Morale sera celle qui vient de l’Unique Source. Tous les peuples auront leur identité, leurs spécificités, leurs rôles, mais tous les peuples puiseront leur Morale dans la Source Unique du monde, celle qui enfin unifiera toute l’humanité, et qui sera en mesure d’amener la Paix.

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Roch Hachana 5786 תשפ »ו – Une année où résilience rime avec bonheur

Roch Hachana, une année entière contenue en 49 heures. Un temps hors du temps qui contient tout ce qui va se passer dans le monde durant l’année. C’est un jour extraordinaire où il est interdit de demander pardon pour ses fautes et ses manquements. Une journée qu’il faut vivre avec une grande largesse et une grande intensité !
Ayons les yeux ouverts sur l’Histoire de notre peuple et laissons notre âme ressentir qu’Hachem a dirigé son monde, le dirige et le dirigera encore (Malkhouiot). Ressentons que nous appartenons à notre Peuple, à notre Nation. Il n’y a pas de Roi sans peuple.
Souvenons-nous (Zichronot). Mais se souvenir de quoi ? De l’Alliance qu’Hachem a contractée avec nous, cette Alliance qui fait de nous le peuple pilote, l’échantillon du monde. Tant que nous ne voudrons pas jouer ce rôle pleinement, il manquera quelque chose. Il faut nous débarrasser de tout ce qui nous encombre, de tout le superflu (tachlich) pour garder l’essentiel, le lien entre notre source et notre but.
Laissons notre Roi descendre sur terre. Laissons le souffle divin pénétrer le corps de la Nation d’Israël pour qu’il en ressorte un son (Chofarot). Un son qui nous fait trembler, un son qui nous ramène à notre source, un son qui nous propulse vers ce que nous devons être.
Ce Roch Hachana 5786, תשפ »ו, je vous invite à le ressentir intensément. Je vous invite à lire et vivre ce que contient le Psaume n°2. Le Roi David y prononce une prophétie tellement forte que les traductions et interprétations chrétiennes se sont acharnées à dévoyer le sens et que tant de nos Maîtres ont préféré mourir par torture plutôt que d’acquiescer et d’accepter le mensonge.
Voici quelques extraits de ce Psaume de 12 versets avec quelques explications simples glissées. Toute correspondance avec l’actualité de ce Roch Hachana 5786 ne serait que pure coïncidence.
« Pourquoi les peuples sont-ils dans l’effervescence et pourquoi les Nations disent des paroles dénuées de sens [2.1] ? ». Pourquoi les Nations se réunissent-elles de façon frénétique à l’ONU pour déclarer l’existence d’un Etat qui n’a aucun sens ?
Le texte poursuit et dit qu’à ce moment-là, il se passera quelque chose d’extraordinaire : « Alors, Celui qui est aux cieux se mettra à rire [2.4]. » Nos maîtres expliquent au début du Traité Avoda Zara qu’Hachem ne rit plus depuis la destruction du Temple. La seule fois où il rira à nouveau, ce sera lors de ce fameux moment où toutes les Nations se réuniront pour détruire Israël, qui lui-même, est en train de se libérer avec le souffle messianique. Hachem sait que c’est alors la dernière étape avant la Délivrance et Il rit.
« Et les Nations seront frappées de stupeur [2.5]. » Hachem dit : « Voulez-vous remettre en cause le fait que mon Roi règne sur Tsion ma Montagne Sainte [2.6] ? »
Le Machiah prend alors la parole : « Moi, je parlerai de la Loi d’Hachem [2.7] » dans un monde qui a créé une loi (notamment internationale) complètement mensongère.
« Et maintenant, vous les rois [des Nations], Réfléchissez bien, prenez garde, les juges de la Terre [2.10] ». Les commentaires disent qu’il faut comprendre « Prenez garde, vous qui vous érigez en juges de ce qui se passe sur la Terre d’Israël ».
Alors, Hachem parle au peuple d’Israël. Dans ces moments où tous les dirigeants du monde se liguent contre nous pour proclamer le mensonge et l’injustice sur la Terre d’Israël,« Heureux sont ceux qui placent leur confiance, leur résilience en Hachem [2.12] ». Nous, la Collectivité d’Israël, atteindrons le bonheur en nous laissant protéger et pénétrer par la confiance en Hachem.
En ce jour de Roch Hachana, très particulier cette année, soyons tous unis et confiants dans le Maître du Monde. Dans ce temps hors du temps, se joue ce qui va se passer dans l’année. Les dirigeants des Nations, sans le savoir, vont déclencher le Rire d’Hachem. Que Celui que nous allons proclamer Roi nous accorde sa Protection, apporte le Bonheur à Israël et apporte enfin la Paix dans le monde.

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אחדות ישראל – שבועות

להגיע לדרגת אחדות. עם ישראל רחוק מזה, הייתם אומרים, עם כל השנאה שמתפשטת וצומחת בין המגזרים השונים בחברה. חילונים נגד חרדים, שמאל נגד ימין, אשכנזים נגד ספרדים, תושבי הפריפריה נגד תושבי תל אביב… ואפשר היה לחתוך את המגזרים כמעט בלי סוף כדי להדגיש זהויות יריבות.
ובכל זאת… הפסוק המפורסם ביותר בתורה, שמע ישראל[1], מכריז שהמטרה הסופית של יהודי היא להודיע לאנושות בכך שה’ הוא אחד. אחדות היא סיסמת ישראל, זו שתמיד הוכרזה , בלילה וביום. המטרה הסופית של קיומנו היא שכל האנושות תרגיש בחייה את השגחתו של המקור הראשון, את נוכחותו של בורא עולם שמוביל ומקדם את העולם.
לחג השבועות יש מסר נפלא. פסח הוא חג החירות כי השתחררנו מהדיכוי המצרי כדי להיות עם חופשי. סוכות הוא חג השוויון כי כל ההבדלים החברתיים נמחקים. בחג הסוכות אנחנו יוצאים מהסממן החברתי של ביתנו כדי להיכנס לסוכה שכבר לא עושה הבדל בין עשירים לעניים. בסוכות אוספים מינים שווים בחשיבותם כדי לקיים מצוות לולב. לבסוף, חג השבועות הוא חג האחווה, כי עם ישראל הצליח להיות עם אחד בפעם הראשונה בזמן מתן תורה.
חג השבועות הוא חג האחדות כפי שנאמר בפסוק: « ויחן שם ישראל נגד ההר »[2]. הפירושים מציינים שהפועל « לחנות » מצומד ביחיד ואילו כל הפעלים שתיארו את תחנות עם ישראל קודם היו מצומדים ברבים. רש »י מסביר שעם ישראל הגיע לדרגת אחדות, לפני קבלת התורה, בעוד שלפני כן היו רק מחלוקות ומריבות. כדי להיות מסוגל לקבל את תורת ה’ אחד ולממש את הנישואין עם רבונו של עולם, היה צורך שגם בן הזוג עם ישראל יהיה אחד. רק בתנאי זה יכול להתקיים האיחוד עם ה’.
« כאיש אחד בלב אחד. »[3]
יש לקחת את המשל המפואר הזה פשוטו כמשמעו. עם ישראל בא להיות ישות אחת בדמותו של בין אדם המוכר כישות יחידה עצמאית ומתפקדת. באותו אופן שבו אדם מורכב ממספר רב של איברים ותאים, כולם שונים, אך כולם משלימים, עם מאוחד מיוצג על ידי קבוצה של אינדיבידואלים המייצגים פונקציות שונות אך משלימות לחלוטין.
בעם מאוחד, יש בני אדם « רגל », בני אדם « אצבעות », בני אדם « אצבע », בני אדם « לב », בני אדם « מוח », בני אדם « עיניים »… כדי שבין אדם יתפקד במלואו, הוא צריך את כל האיברים. אדם עם מוח, אבל בלי גוף, לא היה מתפקד, לא משנה כמה אצילי המוח… לכל איבר יש את התפקיד שלו ויש לו החובה לבצע אותו היטב. זה לא משפיל להיות מנקה, כמו שזה לא משפיל להיות חיידק בגוף. אם המנקה ממלא את תפקידו היטב, הוא משתתף באופן מלא בבריאות הכללית הטובה של כל עמו.
החזון הזה של אחדות הוא יסוד. זה מראה בבירור שאחדות היא לא סכום הדומים והשיבוטים. להיפך, אחדות היא מכלול של אינדיבידואליות שונות המסוגלות לתפקד יחד כדי להוות ישות המסוגלת לכל הדברים הגדולים: לחשוב, לחלום, לפעול, לשיר, לרקוד, לאהוב, לשתול, לעבוד…
ביום שבו ישראל תצליח להקים חברה מאוחדת, העולם יוכפוף על ידי העם-אדם שיוקם סוף סוף מחדש. נוכחות ה’ אחד, שעד אז הייתה נסתרת לחלוטין, תתגלה ותהיה ברורה לכולם. כפי שעם ישראל הצליח להיות מאוחד פעם אחת בחג שבועות לפני 3335 שנים, ישראל תצליח לעשות זאת שוב, אנו מקווים שבמוקדם ולא במאוחר.
מעל הכל, אל תתייאש! כדי להשיג אחדות, חייבים להיות הפכים. כדי להשיג אחדות, חייב להיות קשה. אחדות היא בכלל לא אחידות. האחדות האמיתית מתממש בין גבר לאישה. אנרגיה חשמלית מתקבלת על ידי הפרש בין פלוס למינוס. אחדות לא תהיה מטרה אם לא היו הבדלים. אחדות עם ישראל תהיה מרשימה עוד יותר אם תצליח לאחד את ההפכים הקיצוניים ביותר.
ובגלל זה ישראל היא עם כל כך מגוון! ובגלל זה היריבות וההבדלים כה חזקים!
ובגלל זה לא יעלה על הדעת שעם ישראל תישאר מפוזר בכל העולם! כי איך להקים חברה אחת ובלתי ניתנת לחלוקה העשויה מכל הניגודים שלה, אם חלק מאיבריה נמצאים באמריקה, בצרפת או במקומות אחרים? אין היגיון באחדות שעם ישראל עשויה למצוא בגלות, כי מה הטעם בזרוע מאוחדת אם הזרוע נשארת מנותקת מהגוף? כדי שעם ישראל יחזור להיות מתפקד, כל איבריו צריכים להיות מסוגלים לתפקד ביחד, באותו מקום, באותה ישות מדינית, בארץ ישראל.
אי האחדות לכאורה בין שולי החברה בישראל אסורה לדחות את היהודים שעדיין חיים בתפוצות. להיפך. המצב הזה צריך לעודד אותם לעלות לארץ. כי אנחנו יכולים באמת להשיג אחדות רק אם כל המרכיבים באים לאזן את העם-אדם. תהיה אפשרות אמיתית לאחדות, רק כאשר נבין שיש שלם קוהרנטי אפשרי, ולא לפני כן.
כדי להשיג אחדות, כל אדם חייב לשים בצד את האידיאולוגיה שלו. לכל אדם צריך להיות אומץ לראות באחר את האדם ולא את המסכה שלו. כל אדם חייב לזהות אצל השני את המשותף איתו. כי האחר, בא מאותו מקור אחד. כל אדם חייב לחפש את הפנימיות של האחר, ולא את החיצוניות שלו. צריכים להישאר עצמנו עם הזהות שלנו ובאותו רגע להתייחס אל האחר, השונה מעצמנו, כהשלמה חיונית לעצמנו.
כדי להשיג אחדות, זה לא עניין של נאומים ארוכים. תחילה עלינו להשיג אחדות בזוג שלנו, אחר כך אחדות במשפחתנו, אחר כך אחדות עם האחרים שאנחנו פוגשים בחיינו, ואז אחדות עם כל בני עמנו.
תחי החירות, יחי השוויון, ומעל הכל תחי האחווה בערב שבועות זה, חג האחדות.

דברים, פרשת ותחנן, פרק ו’, פסוק ד’ [1]
[2] שמות, פרשת יתרו, פרק י »ט, פסוק ב’
[3] לפי מכילתא שצוטט על ידי רש »י
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L’Unité d’Israël – Shavouot

Atteindre le degré de l’Unité. Le peuple d’Israël en est bien loin, me diriez-vous, avec toute la haine qui se propage et s’amplifie entre les différents secteurs de la Société. Les laïcs contre les religieux, la gauche contre la droite, les ashkénazes contre les sépharades, les habitants de la périphérie contre les habitants de Tel Aviv… Et on pourrait découper presque à l’infini les secteurs pour mettre en évidence des identités rivales.
Et pourtant… le verset le plus célèbre de la Torah, le Chema Israël[1], proclame que le but ultime d’un juif et de faire reconnaître à l’humanité que D. est Un. L’Unité est Le slogan d’Israël par excellence, celui qui est proclamé depuis toujours, nuit et jour. Le but ultime de notre existence est que toute l’Humanité ressente dans sa vie la présence de la Source première, la présence de Celui qui conduit et fait avancer le monde.
La fête de Shavouot est porteuse d’un enseignement extraordinaire. Pessah est la fête de la Liberté car nous avons été libérés du joug de l’oppression Egyptienne pour devenir un peuple libre. Soukot est la fête de l’Egalité car on y efface toutes les différences sociales. Durant Soukot, on quitte le marqueur social de nos maisons pour rentrer dans une Soukah qui ne fait plus de différence entre les riches et les pauvres. A Soukot, on rassemble des espèces qui sont égales en importance pour pouvoir faire la Mitsvah du Loulav. Enfin, La fête de Shavouot est la fête de la fraternité, car le peuple d’Israël a fait Un pour la première fois au moment du don de la Torah.
La fête de Shavouot est la fête de l’Unité comme il est dit dans le verset : « Et Israël campa contre la montagne[2] ». Les commentaires font remarquer que le verbe « camper » est conjugué au singulier alors que tous les verbes qui décrivaient les étapes du peuple d’Israël avant étaient conjugués au pluriel. Rachi explique que le peuple d’Israël est arrivé à atteindre le niveau de l’Unité, juste avant de recevoir la Torah alors qu’avant il n’y avait que disputes et querelles. Pour parvenir à recevoir la Torah du D. Un et à concrétiser le mariage avec le Maître du monde, il fallait que l’Epouse Israël soit Une, elle aussi. C’est seulement à cette condition que l’Union avec le D. Un peut avoir lieu.
« Comme un seul homme avec un seul cœur. »[3]
Cette magnifique image révélée par nos maîtres doit être prise à la lettre. Le peuple d’Israël est parvenu à former une entité Unique à l’image d’un homme qui est reconnu comme une entité indépendante et fonctionnelle unique. De la même manière qu’un homme est composé d’une multitude d’organes et de cellules, toutes différentes, mais toutes complémentaires, un peuple Uni est représenté par un ensemble d’individus représentant des fonctions différentes mais totalement complémentaires.
Dans un peuple Uni, il y a des hommes « pieds », des hommes « doigts », des hommes « biceps », des hommes « cœur », des hommes « cerveaux », des hommes « yeux »… Pour qu’un homme soit pleinement fonctionnel, il a besoin de tous les organes. Un homme avec un cerveau, mais sans corps, ne fonctionnerait pas, aussi noble que soit le cerveau… Chaque organe a sa fonction et il a le devoir de bien l’accomplir. Il n’est pas dégradant d’être un balayeur, comme il n’est pas dégradant d’être une bactérie dans un corps. Si l’homme balayeur rempli bien sa fonction de balayeur, il participe pleinement à la bonne santé générale de tout son Peuple.
Cette vision de l’Unité est fondamentale. Elle montre bien que l’Unité n’est pas la somme de semblables et de clones. Bien au contraire, l’Unité est l’assemblage d’individualités différentes qui sont capables de fonctionner ensemble pour constituer une entité capable de toutes les grandes choses : penser, rêver, agir, chanter, danser, aimer, planter, travailler…
Le jour où Israël parviendra à former une Société unie, le monde sera subjugué par le Peuple-Homme enfin reconstitué. La Présence du D. Un qui était jusqu’alors complètement voilée, se dévoilera et deviendra une évidence pour tous. Comme Israël a réussi à faire Un une fois pendant quelques jours à Chavouot il y 3335 ans, Israël parviendra à nouveau à le refaire, nous l’espérons le plus tôt possible.
Il ne faut surtout pas se décourager ! Pour parvenir à l’Unité, il faut qu’il y ait des contraires. Pour parvenir à l’Unité, cela doit être obligatoirement difficile. L’Unité n’est surtout pas l’Uniformité. L’Union véritable se réalise entre un homme et une femme. L’Energie électrique s’obtient par un différentiel entre un Plus et un Moins. L’Unité ne serait pas un idéal s’il n’y avait pas de différences. L’Unité du peuple d’Israël sera d’autant plus impressionnante qu’elle réussira à réunir les contraires les plus extrêmes.
Et c’est bien pour cela qu’Israël est un peuple si divers ! Et c’est bien pour cela que les rivalités et les différences sont aussi fortes !
Et c’est bien pour cela qu’il est inconcevable qu’Israël reste dispersé aux quatre coins du monde ! Car comment former une Société Une et indivisible faite de tous ses contraires, si certains de ses membres se retrouvent en Amérique, en France ou ailleurs ? L’Unité qu’Israël pourrait trouver en exil n’a aucun sens, car à quoi cela sert d’avoir un bras uni si le bras reste détaché du corps ? Pour que le Peuple d’Israël redevienne fonctionnel, il faut bien que tous ses membres puissent fonctionner ensemble, au même endroit, dans une même entité politique, en Eretz Israël.
Il ne faut pas que la désunion apparente entre les franges de la Société en Israël rebute les juifs habitants encore en Diaspora. Bien au contraire. Elle doit être un facteur de motivation supplémentaire. Car on ne pourra réellement réussir l’Unité seulement si toutes les composantes viennent équilibrer ce Peuple-Homme. Il y aura une véritable possibilité d’Unité, seulement lorsque l’on s’apercevra qu’il y a un Tout cohérent possible, et pas avant.
Pour parvenir à l’Unité, il faut que chaque homme mette de côté son idéologie. Il faut que chaque homme ait le courage de voir en l’autre l’humain et non son masque. Il faut que chaque homme reconnaisse en l’autre ce qu’il y a de commun avec lui. Car l’autre est issu de la même source Une. Il faut que chaque homme cherche l’Intériorité de l’autre et non son extériorité. Il faut à la fois rester soi-même avec sa propre identité et avoir le courage de considérer l’autre, différent de soi, comme un complément essentiel à soi.
Pour parvenir à l’Unité, il ne s’agit pas de faire de longs discours. il faut d’abord réussir l’Unité dans son couple, puis l’Unité dans sa famille, puis l’Unité avec les autres que l’on côtoie dans sa vie, puis l’Unité avec tous les membres de son Peuple.
Vive la Liberté, vive l’Egalité, et surtout vive la Fraternité en cette veille de Shavouot, la fête de l’Unité.

[1] Devarim, paracha de Vaethanan, Chapitre 6, verset 4
[2] Chemot, paracha de Ytro, chapitre 19, verset 2
[3] Selon les propos du Midrach Mechilta que rapporte Rachi sur le verset
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Pessah : qui sommes-nous ?

La fête de Pessah résonne en nous comme un moment fort de la vie hébraïque. Elle unit le plus grand nombre de juifs dans le monde, qui revivent la naissance de leur peuple. En particulier en Israël, la quasi-totalité des juifs fêtent Pessah. La soirée de Pessah est fêtée par 98%[1] de la population. 61% déclarent réaliser l’ensemble du Seder en lisant toute la Hagadah. 33% lisent la Hagadah partiellement, et 4% ne lisent pas la Hagadah mais célèbrent la fête avec un repas familial.
La fête de Pessah contient en elle des forces extraordinaires qui ont permis d’unir et de réunir Israël depuis toujours, et bien évidemment, qui continueront à unir Israël ce Pessah en 2023. Même après plusieurs semaines de fortes tensions dans la société Israélienne.
Nous avons besoin de nous rassurer, de prendre du recul sur la crise identitaire d’Israël, de faire baisser le stress. Nous avons 3335 ans d’existence… Nous avons l’expérience des défis. Et nous savons que derrière le secret de notre longévité, il y a le fait que notre peuple n’a cessé d’être confronté à des défis.
Dans le débat politique des dernières semaines, les uns et les autres ont contribué à faire monter la pression. Les hommes politiques ont joué à fond leur partition politicienne, jusqu’à faire sauter des digues.
Les partis d’opposition n’ont pas respecté le scrutin des urnes et ont crié à la fin de la démocratie. Une grande partie de la population s’est sentie pleinement concernée par ce combat et est sortie de plus en plus nombreuse dans la rue. Les chancelleries occidentales ont sauté sur cette occasion pour critiquer le gouvernement d’Israël « anti-démocratique ». Les voix officielles de la Diaspora ont enchaîné en critiquant le gouvernement d’Israël, alors que par le passé, elles s’étaient bien gardées de mettre de l’huile sur le feu sur les crises Israéliennes . De nombreuses voix non officielles juives de la diaspora se sont levées pour critiquer le gouvernement… Et finalement, le monde occidental dans son ensemble, a eu de nombreux nouveaux arguments pour être hostile à Israël.
Les partis de droite ont cru avoir obtenu un blanc-seing et le droit de faire tout ce qu’ils voulaient parce qu’ils avaient obtenu la majorité des députés. Après une vingtaine d’années de frustrations de ne pas avoir pu mettre en œuvre les réels changements qu’ils souhaitaient, ils se sentaient enfin entièrement libres de faire ce qu’ils voulaient sans se préoccuper de ce que pensait une très grande partie de la population. Le gouvernement s’est payé le luxe de ne pas expliquer la réforme qu’ils appelaient de leur vœu depuis tant d’années, et ont ainsi laissé le champ totalement libre aux opposants. Certaines déclarations malheureuses de Ministres sont venues attiser les peurs du camp adverse.
Au final, tout le monde s’est laissé entraîner dans une surenchère… Tout le monde est tombé dans le piège. Tout le monde s’est éloigné un peu plus de l’autre moitié du peuple.
J’ai eu mal à mon cœur d’entendre mes frères crier dans les manifestations leur haine sur la moitié de leur pays. Je le prenais pour moi. Comment aurais-je pu faire autrement ? J’ai eu mal à mon cœur d’entendre la voix de mon voisin mener la manifestation dans la rue. Les cris, les discours haineux, je les ai ressentis contre moi.
A entendre ces discours de haine, je suis devenu moi-même encore plus déterminé et plus critique envers les opposants. J’étais de plus en plus convaincu que cette réforme était essentielle si on voulait faire triompher la démocratie, justement parce que certaines minorités ont osé franchir tellement de limites pour arriver à leur fin.
Tout cela s’est appuyé et continuera de s’appuyer sur une mécanique bien claire, la mécanique de la peur.
La peur des uns de voir en Israël l’avènement d’un régime coercitif, dans lequel leurs libertés seraient brisées. La peur des autres de voir l’Identité Juive s’étioler, s’affaiblir et disparaître dans un Etat laïc qui perdrait petit à petit son idéal. Ces peurs ont été très fortement attisées par de nombreux responsables politiques, si bien qu’au lieu d’écouter les arguments de l’autre et d’entamer un dialogue sincère, chaque camp s’est éloigné de plus en plus l’un de l’autre, et est entré dans une surenchère automatique.
Bref, le brasier a bien pris. Le pays était en feu, et il a fallu l’arrivée de Pessah pour apaiser légèrement les tensions.
Il y a 3335 ans, nous sommes sortis d’une oppression physique et idéologique, pour faire naître notre propre Identité d’Israël. Mitsraim, en hébreu, qu’on traduit généralement par Egypte, est un mot qui révèle beaucoup plus qu’un endroit sur une carte de géographie. Mitsraim, peut se lire Mi – Tsarim : le « qui ? » est enfermé dans « des prisons », la question fondamentale « qui suis-je ?» est complètement coincée et opprimée dans un endroit étriqué. « Mon identité véritable est en prison ».
Sortir d’Egypte, sortir de Mitsraim, c’est sortir de sa prison pour révéler son Identité, révéler qui je suis vraiment.
Pessah est cette fête qui fait rentrer l’infini dans le fini. Pessah a lieu dans ce mois de Nissan qui est le mois particulier qui nous a été donné par D. « Hahodesh Haze Lachem »[2], « ce mois est pour vous ». Alors qu’il est pour les Nations du monde le premier mois des influences des astres et du temps, le mois du bélier, ce mois devient pour nous le mois « hors du temps », sous le signe du nom Divin ineffable, le Tétragramme, qui représente les forces au-delà de la finitude de notre monde. A Pessah, les hébreux ont sacrifié le bélier, en osant casser la divinité étrangère. Les hébreux ont mis fin à l’influence du temps et des astres sur leur peuple. Ils sont parvenus à s’extraire de la temporalité et à accéder à une destinée qui ne sera plus limitée dans le temps. A partir de ce moment, Israël en tant que peuple, ne pourra plus mourir et sera hors du temps.
Pour sortir de l’exil, il faut faire une recherche effrénée contre le Hametz. Il faut l’éliminer, le faire disparaître. Il faut faire un ménage colossal dans nos vies et dans nos façons de pensée… C’est à cette condition seulement, qu’on peut vraiment laisser la place à la vraie question.
Mais qui sommes-nous vraiment ? Quel peuple devons-nous fonder et refonder perpétuellement ? Quelle histoire poursuit-on ? Quelle histoire doit-on construire ?
Pessah nous invite à faire de l’ordre. C’est pour cela que la soirée de Pessah s’appelle la soirée du Seder, la soirée de l’Ordre. La soirée où l’on essaie de remettre les choses dans le bon ordre.
Pessah nous invite à parler, à dialoguer, à faire usage de notre bouche pour donner de la vie : Pessah, se décompose en deux mots. Pé – Sah (Pé qui veut dire bouche et et Sah qui a la valeur numérique de Haïm, la vie).
Alors, faisons le vœu que dans chaque maison d’Israël à la table du Seder, des échanges et des discussions fassent foisonner la vie et non le mal (Pharaon, PARO en hébreu, peut se décomposer en deux mots PE – RA et signifier « bouche du mal »).
Faisons le vœu que des leaders spirituels et intellectuels se manifestent et fassent connaître une parole forte.
Faisons le vœu que nos leaders spirituels et intellectuels aient le courage d’entamer un vrai dialogue au sein de la société Israélienne. Pour que les uns expliquent qu’Israël ne sera jamais l’Iran et que les autres expliquent qu’Israël n’a pas seulement vocation à être le 51ème Etat des Etats Unis. Tout un programme…

Enquête assez ancienne. S’il y a eu des évolutions depuis, il n’y a pas eu de changement significatif.
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Pourquoi ce blog ? pourquoi son nom Ekev ? Les 10 commandements en 172 mots et 620 lettres – Parachah Ytro

La Parachah du don de la Torah. Après quinze articles publiés sur mon blog, je me décide enfin à écrire sur moi, sur mon parcours, sur la raison de ce blog, et sur la raison de son nom Ekev.
C’était en 2015, en plein été, à l’occasion de la Parachah de Ekev, et cela s’est un peu plus confirmé la semaine suivante, à l’occasion de la Parachah de Réeh. J’avais entamé un cycle d’étude de Torah quelques mois plus tôt. Je ne savais pas que cela allait remplir autant ma vie…
A cette époque là, j’ai commencé à étudier la Torah à une nouvelle cadence, à un autre niveau. Je me suis mis à visionner des dizaines de cours de Torah par semaine grâce à internet, et j’ai commencé à rattraper le temps perdu. Je ne me contentais pas de visionner des cours. Je prenais des notes, je revenais sur elles, je faisais des recherches complémentaires… Et puis à l’occasion de la Parachah de Ekev, j’ai commencé à partager avec mon entourage ce que j’apprenais. J’ai tout de suite ressenti le besoin de transmettre ce que je recevais. J’ai alors pris l’habitude de préparer un Dvar Torah par semaine sur la Parachah ou sur les fêtes.
Je me souviens que je me retrouvais à la Synagogue alors que j’habitais encore en France et que j’écoutais le Dvar Torah du Rav le chabbat. Cela ne me parlait pas. Cela me semblait superficiel. J’avais le sentiment d’avoir tant de choses à dire à la place ! C’est très dur d’être Rabbin de Communauté depuis que les meilleurs Rabbins conférenciers donnent des cours sur Internet.
Je me souviens de ce premier cours que j’essayais de transmettre sur la Parachah de Ekev. J’avais trouvé que ce mot était complètement magique, qu’il renfermait en lui tellement d’idées. Mais comment se fait-il qu’un mot que l’on traduit par « Si » (Si vous observez les lois…) veut dire en même temps Talon, cette partie du pied qui se situe dans la lignée du corps et qui touche le sol ? Comment se fait-il que le mot Talon est en même temps la racine du nom de notre troisième Père, Yaakov, et en même temps la racine du nom du Maître par excellence de la Torah orale, Rabbi Akiva ? Comment se fait-il que le mot Talon est déjà utilisé dans la Parachah de Berechit lorsqu’il est dit que le serpent attaquera au Talon[1] ? Comment se fait-il que nos maîtres expliquent que la dernière époque avant l’arrivée du Machiah s’appelle « Ikvata Demechiha »[2], « les Talons du Messie » ? Comment derrière un simple mot, se cache une infinité de messages ?
Aujourd’hui, à l’occasion de la Parachah des 10 Commandements, je me décide enfin à traiter ce sujet dans mon Blog. Car les 10 Commandements sont composés de 172 mots, correspondant à la valeur numérique du mot EKEV, comme le mentionne le commentaire du Baal Hatourim[3].
En nommant mon blog Ekev.net, je fais quelque part allusion aux 10 Commandements et à la lumière infinie de la Torah. Mais je fais allusion en même temps à une Torah concrète, une Torah qui a bien les pieds sur Terre, une Torah qui se met au niveau du Talon, la partie la plus basse de notre corps. C’est un peu le défi de ma prise de parole sur ce blog : essayer de parler des secrets de la Torah quand ils s’habillent dans les choses concrètes de la vie, quand ils s’habillent dans l’Histoire, dans l’Economie, dans des faits de Société, dans la réalité concrète de ce monde.
Le serpent attaque l’Homme au Talon[4]. Que cela veut-il dire ? Le serpent attaque la Torah (symbolisée par les 172 mots des 10 Commandements) surtout quand elle intervient dans les choses bien réelles et bien concrètes de la vie. Le serpent s’attaque à la Torah qui nous permet de comprendre l’Histoire et le monde dans lequel on vit. Le serpent s’attaque à la Torah lorsqu’elle s’occupe de la Terre et quand elle souhaite changer le monde. Le serpent ne s’attaque pas à la Torah quand elle reste une spiritualité déconnectée de la Terre. La Torah qui reste en haut ne peut pas s’attaquer au serpent qui lui, est tout en bas. Or, nous, les Hommes, devons l’attaquer à sa tête, comme il est dit juste après l’épisode de la faute d’Adam[5], car la tête du serpent, elle, se trouve tout en bas…
Quand on étudie en profondeur les 172 mots « bien visibles et bien concrets » des 10 Commandements, quand on descend au niveau du Ekev, du Talon, on dévoile en fait les 620 lettres qui composent les 10 Commandements, qui correspondent à la valeur numérique de Keter, la Couronne, l’attribut Divin le plus élevé. Quand on descend au niveau du Talon, comme l’a fait Yaacov (racine du nom : Ekev), quand on s’appelle Rabbi Akiva[6] (racine du nom : Ekev) et qu’on vient d’un niveau tellement insensible à la Torah (comme un Talon(, et qu’on arrive à en sortir, on parvient alors à dégager des énergies permettant d’atteindre le Keter (620 lettres). Les lettres correspondent en hébreu à l’âme des mots. Les mots correspondent en hébreu au corps des lettres. C’est en fait uniquement en descendant au niveau du Talon, qu’on parvient à la véritable Spiritualité.
Le Ari Hakadosh fait dans Shaar Haguilgoulim un révélation extraordinaire[7]. Après la faute d’Adam, les âmes les plus élevées, les âmes véritablement capables d’amener le monde vers sa délivrance, ont été faites prisonnières par le serpent. La prison de ses âmes, la Klipa dans le langage des Kabbalistes, s’appelle Ekev, le Talon. Yaacov sort de cette prison. Rabbi Akiva sort de cette prison et avec lui toute la force dégagée par la transmission de la Torah orale… Le Machiah sortira de cette prison… Et c’est pour cela que la période précédant l’arrivée du Machiah s’appelle « Les Talons du Messie », « Ikvata deMechiha ».
Mes amis, c’est le dernier article de ce blog qui s’envolera un peu trop dans les valeurs numériques et les notions de Kabala ;-). Mais je me devais de dire quelques mots sur moi-même, pour que le lecteur qui arrive sur ce site comprenne qu’il y a bien un auteur. Je me devais de dire quelques mots sur le pourquoi de ce blog afin que l’on comprenne tout simplement où on atterrit ici. Dès le prochain article, on retombera sur nos deux pieds, et on reprendra nos bonnes habitudes. 🙂
Merci au Maître du Monde de m’aider dans ma très modeste tâche, d’écrire des articles mêlant des réflexions sur notre monde et des enseignements profonds de la Torah. Merci au Maître du monde de m’aider à passer du talon aux yeux qui observent notre époque et notre temps. Ekev – Regards.
A très vite pour de nouveaux articles.
YYN– depuis Israël.

[1] Berechit, Chapitre 3, verset, 15.
[2] Selon la formule du Talmud dans la Michna 15 du chapitre 9 du Traité de Sota.
[3] Le Baal Hatourim, de son nom Rabbi Yaakov Ben Asher, est l’auteur d’un commentaire synthétique et prodigieux sur la Torah. Il est le fils du Rosh et est également l’auteur du livre de loi juive Arbaa Tourim, son œuvre principale. Comme beaucoup de Maîtres, on l’appelle par le nom de son œuvre. Voici ici la référence de son commentaire sur les dix commandements, commentaire sur le verset 13, du chapitre 20 du livre de Chemot. Cela fait également écho à son commentaire dans la Parachah de Ekev, dans le livre de Devarim, Chapitre 7, verset 12.
[4] Comme il est écrit dans Berechit, chapitre 3, verset 15.
[5] Comme il est écrit dans Berechit, chapitre 3, verset 15.
[6] Rabbi Akiva est un des plus grands Maîtres du Talmud. Il est connu pour être un Baal Techouvah descendant de converti. Jusqu’à ses 40 ans, il restait totalement insensible à la Torah. Grâce à celle qui va devenir sa femme, il va devenir le plus grand Maître de sa génération. Il sera notamment le Maître de Rabbi Meir Baal Haness et de Rabbi Chimon Bar Yohai.
[7] La Ari Hakadosh, autrement appelé le Ari Zal ou Rabbi Ytshak Louria, est le plus célèbre des Kabbaliste de Tsfat. Il a notamment écrit Shaar Haguilgoulim, référence ici citée.
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La division de la Société Israélienne, une réalité à assumer et à surmonter !

Parachah Chemot
Israël est sur le qui-vive. La division de la société Israélienne est à son comble. La tension n’est pas seulement visible sur les plateaux de télévision ou à la Knesset. Elle est belle et bien palpable partout dans la société. Les uns tremblent à l’idée qu’Israël devienne une dictature religieuse et qu’on leur impose des règles coercitives comme en Iran ou en Afghanistan ; les autres sont choqués d’entendre tous ces gens qui donnent des leçons de démocratie et qui n’acceptent pas le résultat pourtant clair des élections.
Il y a toujours eu des divisions en Israël : Ashkénazes et Sépharades, Sabra et nouveaux immigrants, religieux et non religieux… Les clivages ne manquent pas et n’ont jamais manqué. Mais ces dernières semaines, les tensions internes à la société israélienne semblent être au plus haut niveau jamais connu.
Petite anecdote toute simple. Décider de la mise en place d’un ascenseur chabat dans un immeuble n’a jamais été une chose facile et évidente en Israël. Mais aujourd’hui, l’ascenseur Chabat n’est plus simplement un sujet de règles de bon voisinage, l’ascenseur Chabat devient un symbole de conquête politique d’un camp contre un autre.
Mais d’où viennent ces divisions si fortes ? D’où vient ce clivage entre ceux qui se considèrent avant tout comme des occidentaux et ceux qui se considèrent avant tout comme des juifs ?[1] D’où vient ce morcellement en « secteurs » et « sous-secteurs » de la société Israélienne ?
Essayons de trouver un début de réponse dans la Torah. Seulement un début de réponse, car il serait possible d’écrire des livres entiers pour répondre à ces questions, tant elles touchent aux secrets les plus profonds de la vocation d’Israël dans le monde.
Dans les premiers versets du deuxième livre de la Torah, le livre de Chemot, sont à nouveau rappelés les noms des douze fondateurs des douze tribus d’Israël, et le cinquième verset de la Parachah précise que soixante-dix âmes issues de Yaacov sont descendues en Egypte[2].
Le Zohar de Rabbi Chimon Bar Yohaï fait une révélation extraordinaire sur ce verset et pose d’abord sa question :[3] :
« Pourquoi a-t-on besoin de préciser que les douze tribus correspondent finalement à soixante-dix âmes ? Quelle est la signification de ce chiffre soixante-dix et pourquoi ce chiffre n’est-il pas plus élevé ? »
Le Zohar poursuit et donne la réponse :
« Les soixante-dix âmes correspondent aux soixante-dix peuples du monde[4], et le chiffre soixante-dix permet de dire que nous sommes descendus en Egypte pour devenir une Nation unique pour « être en miroir » de toutes les Nations. »
Dans cette phrase tout est dit… Essayons juste de la comprendre…
La Nation formée par douze tribus, c’est-à-dire douze personnalités et caractères différents, est le reflet de la diversité des peuples du monde entier qui sont soixante-dix. Sont inscrites dans la Nation Unique d’Israël, les différents tempéraments des peuples du monde, symbolisés par le nombre soixante-dix. Le paradoxe d’Israël est qu’il doit être une Nation qui fonctionne tout en étant composée de soixante-dix facettes, soixante-dix façons de percevoir le monde.
Au moment où Israël en tant que famille rentre dans la matrice de l’Egypte qui va la transformer en peuple, Israël est déjà programmé pour être le reflet de la diversité du monde.
Israël a pour vocation à être un peuple échantillon de la diversité mondiale.
Doit-on alors s’étonner de la difficulté de créer une Unité au sein de la Société Israélienne juive ? Doit-on s’étonner de la diversité des cultures et des caractères au sein du peuple d’Israël ? Doit-on s’étonner qu’Israël est composé d’hommes et de femmes venant du monde entier ? Doit-on s’étonner des rivalités et des divergences de vues ? Doit-on s’étonner que ces divergences peuvent se transformer en haine de l’autre ? Doit-on s’étonner de cette fameuse « haine gratuite » entre factions qui a causé la destruction du deuxième Temple et qui demeure aujourd’hui plus forte que jamais ?
A tout cela, il y a une raison. Israël est l’échantillon du monde entier. Et comment mettre d’accord le monde entier ? Comment être un peuple monde ?
Eh bien, là est bien l’enjeu. Devenir un peuple Unique, un peuple Uni, malgré la pluralité d’opinions sans nul égal dans aucune nation au monde. Israël n’a pas le choix que de prendre conscience de ce qu’il représente. A chacun de faire preuve de patience et de compréhension pour se mettre à la place de l’autre. Ce travail est à faire pour chaque individu et pour chaque « secteur » de la société.
Prendre conscience de la diversité d’Israël, l’assumer. Considérer que sa façon de voir Israël n’est pas la seule au monde, tout en ne renonçant pas à sa conviction intime. Enfin, surmonter les différences en cherchant en l’autre l’humain et non l’idéologie qu’il porte. Voici le programme qu’Israël doit réussir pour se sauver et pour sauver le monde.
Ce message éternel, puisque gravé au plus profond des racines de notre peuple, est plus que jamais d’actualité.

[1] Cette question constitue une synthèse de la situation actuelle et mérite bien évidemment plus d’approfondissement pour décrire les innombrables nuances de la société Israélienne.
[2] Les noms détaillés de ces soixante-dix âmes avaient déjà étaient révélés dans la Parachah de Vaygach (Chapitre 46 du livre de Berechit du verset 8 au verset 27), ainsi que leur compte. Cette répétition vient renforcer notre question.
[3] Zohar, livre de Chemot, feuille 5, page 2.
[4] Les soixante-dix peuples font référence dans la Torah à toutes les Nations issues de Noé (Livre de Berechit au chapitre 10) et symbolisent l’ensemble des Nations du monde. Nos maîtres enseignent que ces nations ont été mélangées après l’épisode de la Tour de Babel et qu’elles n’existent plus en tant que tel, et que l’un des rôles du Machiah sera de reconstituer les soixante-dix Nations.