Qu’est-ce que la Techouva ?

Si l’on faisait un micro-trottoir en Israël ou dans les communautés juives de diaspora, on entendrait en grande majorité : la Techouva, c’est regretter ses péchés et prendre l’engagement de ne plus fauter. Il y a un mot pour cela en français : la repentance. Cette définition n’est pas fausse, mais ô combien restrictive, à tel point que nous pourrions passer à côté de l’idée essentielle de la Techouva.

Ici, nous proposerons une approche plus globale, plus intérieure et plus profonde, capable d’éveiller des forces en chacun de nous.

Entrons dans le vif de notre sujet.

Le Midrach Pirkei deRabbi Eliezer rapporte : « Avant la création du monde, il n’y avait qu’Hachem et Son grand Nom. Est montée dans la pensée d’Hachem l’idée de créer le monde. Hachem a alors tracé le plan du monde devant Lui, mais le monde ne pouvait pas tenir ainsi. À quoi cela ressemble-t-il ? À un roi qui désire construire son palais. Tant qu’il n’a pas dessiné les plans, ses fondations, ses entrées et ses sorties, il ne peut pas commencer à construire. De même, le Saint, béni soit-Il, traça le plan du monde devant Lui, mais celui-ci ne pouvait pas tenir jusqu’à ce qu’Il créât la Techouva. »

La Techouva doit donc être abordée avec beaucoup de sérieux et de précaution. Elle constitue la fondation du monde. Elle a été conçue et prévue avant la Création du monde pour supporter le monde entier et soutenir notre propre vie.

La meilleure méthode d’étude, lorsqu’on étudie la Torah, consiste avant tout à comprendre le sens premier des mots et des versets par soi-même, sans commencer immédiatement par la lecture des commentaires. Les mots eux-mêmes contiennent les clés permettant de comprendre les notions qu’ils portent. En hébreu, les mots ont toujours plusieurs significations : souvent, par exemple, une signification matérielle et une signification spirituelle. L’étudiant en Torah doit donc se poser plusieurs questions : pourquoi ce mot a-t-il été employé dans ce verset ? Quel est le double, voire le triple sens de ce mot ? Que vient m’apprendre cette polysémie dans ce verset ? Quelle anomalie apparaît dans la manière dont ce mot est présenté ? Et que vient m’apprendre cette anomalie ? Ce n’est normalement qu’après s’être posé toutes ces questions autour des mots que l’on peut commencer à chercher des réponses. L’idéal est d’abord de tenter de les trouver par soi-même. Ce n’est qu’après avoir accompli ce travail que l’on commence à consulter les commentateurs. Nous nous apercevons alors que leurs commentaires sont très souvent des réponses et des éclairages aux questions que nous avions nous-mêmes soulevées. Leur lecture devient ainsi beaucoup plus éclairante.

Ici, pour notre étude, essayons, à un premier niveau, de comprendre le mot Techouva.

Le mot Techouva a une double signification en hébreu, et de cette double signification nous pouvons tirer de premières explications.

  • Techouva veut dire le retour. Lachouv veut dire revenir. Revenir vers une situation qui précédait la situation actuelle. Revenir vers l’origine, revenir vers soi, revenir à la Torah et aux Mitsvot.
  • Techouva veut dire la réponse. La réponse à une question. Tout simplement. C’est parfois bien agréable d’avoir les réponses à ses questions… La Techouva, celle dont on parle ici, c’est quelque part la réponse à nos questions les plus profondes. Qui suis-je et que dois-je faire dans ce monde ? Quelle est ma véritable place et quel est le sens de mon existence ?

Faire Techouva au sens profond du terme, c’est revenir vers Hachem et revenir vers soi. Ce retour ouvre alors l’accès à des réponses, et plus particulièrement aux réponses qui touchent nos questions les plus profondes.

En ce mois d’Eloul, réfléchissons tout d’abord à cela : à cette notion de Techouva, la Techouva qui soutient l’édifice du monde ; cette force qui nous permet de revenir au fondement de tout, de revenir à nous-mêmes, à notre véritable identité, et qui nous permet finalement d’accéder à la réponse la plus importante à nos questions : quelle est ma spécificité et quelle est ma place sur Terre ?

Le Juif se concentre sur la Techouva depuis le mois d’Eloul jusqu’à Yom Kippour. Il ajoute une heure de prière par jour, avec les Seli’hot. Il fait un travail sur lui-même pour aller chercher ce qui l’a éloigné de l’origine, de sa vraie identité, de sa vraie mission. Il réfléchit sur lui-même et implore Hachem de le nettoyer, de lui pardonner, de lui permettre de se retrouver et de revenir vers lui-même.

La Techouva, ce n’est pas seulement quarante jours de l’année d’un Juif. La Techouva est présente tous les jours, dans les trois Tefilot. Dans la Amida, immédiatement après avoir demandé la capacité d’intelligence et de conscience — condition sine qua non pour pouvoir adresser nos demandes à Hachem —, la première demande formulée concerne la Techouva. C’est primordial ! Trois fois par jour, dans nos vies, il faut faire le point sur l’endroit où nous en sommes. Et l’on demande à Hachem de nous éclairer pour nous rapprocher de ce que nous devons véritablement être, de ce que nous devons véritablement faire.

1er article de la série « la Techouva : le grand Retour« . Pour voir les autres articles, allez sur la page de garde du blog : www.ekev.net